lundi 22 mai 2017

Everything, Everything de Nicola Yoon

Lu pour le book club sur Livraddict, j'ai été agréablement surprise par ce livre Young adult

Résumé

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.



Mon avis

Je me suis lancée dans ce livre sans vraiment lire le résumé. Au départ, j'avoue avoir eu une impression de mélange de "Wonder" et "Nos étoiles contraires" que j'avais trouvé trop pleins de bon sentiments. Finalement, mon ressenti est assez positif, notamment au vue de la seconde partie et des conséquences de certains choix.

Le couple Olly-Maddy est mignon, j'ai aimé leur approche de séduction et leur franchise relative l'un envers l'autre.
J'ai aimé aussi la relation mère fille, même si cette fusion due aux effets de la maladie de Maddy peut être troublante au départ. Garder sa fille dans cette bulle est un certain sacrifice. De même, son infirmière apporte une vraie touche d'humanité dans l'univers assez aseptisé et rodé de Maddy.
Quand à Olivier, jeune homme avec ses soucis propres, il est finalement assez éloigné du prince charmant mais son comportement, sa gentillesse apparaissent rapidement.

La maladie est abordée sous un angle différent, plus sur les conséquences et les risques que vraiment la pathologie en elle même et certains passages qui pourraient sembler approximatif sont finalement assez cohérent dans la globalité du livre.

Au total : Un livre YA de bonne qualité avec un couple plutôt mignon et l'accent mis sur la relation mère/fille

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Lettre Y : 360 pages

mercredi 3 mai 2017

"Orgueil et préjugés" de Jane Austen

Relecture d'un classique que j'ai découvert en VO pour la première fois. (Je viens de me rendre compte que je ne l'avais jamais chroniqué sur ce blog...)

Résumé (pris sur livraddict)


Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.




Mon avis

Que dire de plus qui n'a déjà été dit. Orgueil et préjugés est un classique de la littérature anglaise, témoin d'un époque où les femmes étaient plus marchandises que maitre de leur destinée.

J'ai été assez surprise par l'accessibilité de ce texte en VO, probablement facilitée par le fait que je connaissais la trame principale. Mine de rien, ne l'ayant pas lu depuis un moment, j'ai été surprise de certains détails sur des personnages secondaires qui ne sont pas négligeables.

Quelque soit la version, Lydia et sa mère sont particulièrement insupportables de bêtises... Jane est assez transparente et Elizabeth garde sa place d’héroïne austenienne par sa culture, humour et répartie.

Au total : Un classique anglais abordable en VO (en tout cas en connaissant la trame) et une relecture bien sympatique ! "J'enchaine" sur Persuasion du coup.
PS : Pour une première approche, l'adaptation par le BBC est vraiment fidèle, celle avec Keira Knightley moins, mais la scène sous la pluie dans le parc est magnifique!


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Lettre A : 380 pages

lundi 1 mai 2017

Quelques instants de lecture [1]

Quelques instants de lecture est un rendez-vous mensuel, proposé par le blog Les lectures de Mariejuliet, qui se tient le 1er jour de chaque mois.  Son objectif est de partager nos photos de livres, de moments de lecture, du mois passé,  mis en scène.

Ca fait quelques temps que je me dis qu'il faut que je participe à ce rendez-vous, vu que je poste sur IG et ca me motive à reprendre les bilans mensuels du coup.

QuelquesInstantsBan

En avril, j'ai lu :
 
- Les seigneurs de Bohen, commencés en mars. J'ai beaucoup aimé cet univers de fantasy !


- Le livre de Perle de Timothée de Fombelle. Un conte moderne, je m'apercois que je ne l'ai pas pris en photo ...



- Phobos tome 2 de Victor Dixen : Bon, c'est addictif comme série, mais bien cousu de fil blanc et assez manichéen... 
Emprunts médiathèque









- Le château blanc d'Orhan Pamuk : Assez mitigée, mais plutot motivée pour découvrir d'autres livres de l'auteur.









Achats d'avril : 




















Auxquels j'ajoute "Vivant" d'Anna Starobinet qui me tente depuis les Utopiales.





Sont en cours :
 - Persuasion de Jane Austen, relecture pour mes insomnies
- Everything, Everything de Nicola Yoon, pour le Book Club de LA (très young adult, mélange entre Wonder et Nos étoiles contraires.) Il se lit très vite !
- Mordred de Justine Niogret, plus déroutant, je ne retrouve pas vraiment le charme de Chien du Heaume pour le moment.



mercredi 26 avril 2017

"Les seigneurs de Bohen" d'Estelle Faye

Auteur que j'ai découvert par sa trilogie jeunesse : Thya, Enoch et Aylus, dont la structure m'avait vraiment épatée, j'avais hâte de découvrir son dernier roman, en un seul volume qui nous amène dans une fantasy qui semble de prime abord plus classique

Résumé


Couverture Les Seigneurs de Bohen
Je vais vous raconter comment l'Empire est mort.  L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers... Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l'escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l'enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie... Et de tant d'autres encore, de ceux dont le monde n'attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce roman de fantasy qui raconte un bout d'histoire du royaume de Bohen, à travers plusieurs personnages, dont les liens se tissent au fur et à mesure, parfois à distance.
L'univers de Bohen est riche, la magie variée sans être surpuissante et son histoire nous montre que tout évènement peut être lié.
L'histoire est surtout centrée sur les personnages qui sont le point fort du livre et correspond à un récit chorale : plusieurs points de vue, des évènements qui finalement se regroupent.

Sainte Etoile, que j'ai parfois trouvé difficile à cerner au début est un personnage fascinant ainsi que Sorenz. Son insert est plein d'ironie et on devine au fur et à mesure leur attachement réciproque. Son histoire est peut être la plus complète et surprenante, notamment dans ses choix et sa manière de gerer sa vie.
Maeve est une jeune femme forte, qui suit un schéma classique d'"initiation" dans les romans de fantasy. Son voyage plein de rebondissement nous permet de mieux capter la géographie et certaines relations. Le dénouement qui la concerne m'a touché dans l'espoir qu'elle donne aux jeunes qui veulent poursuivre leur rêve, leur destinée.
Cigale est un de mes personnages favoris, jeune fille discrète et déterminée, j'ai aimé la voir évoluer et éclore.
Wens le scribe tisse une relation assez magique avec son bourreau, et leur parcours atypique. J'avoue avoir été fascinée par leur relation qui se tisse progressivement, mais moins touchée par son histoire. Je trouve dommage d'aussi peu les connaitre à la fin du roman.

J'ai trouvé ce livre assez féministe avec des personnages féminins marqués et qui m'ont plus intéressé finalement. En écrivant ce billet, je me rends compte que je n'ai pas forcément ressenti la parité entre les protagonistes, car les personnages secondaires féminin aussi sont forts, comme Sonia, Lantane ou la sœur de Wens.

J'ai aimé les différents univers présents, entre les camps de mercenaires, le château et les différentes villes dans lesquelles les héros évoleunt, les peuples de la mer. Tout ceci est riche, étoffé et nous sommes assez rapidement à l'aise malgré les changements réguliers de lieux et de narrateur. 
Enfin je trouve ce livre très riche sur les thèmes abordés, que ce soit sur l'amour et la sexualité qui est présent sans aucun coté mièvre ou mettant mal à l'aise, ou dans les choix qu'il faut faire pour atteindre ses objectifs, la réussite de ses actions et notre place dans le monde qui ne dépend que de nous. Chaque personnage suit une trajectoire vraiment différente mais leur objectif est au delà de leur propre personne.

Comme souvent dans ces univers, un seul tome nous satisfait car l'histoire se termine réellement mais nous frustre car j'ai eu l'impression d'effleurer beaucoup de personnages et de leur histoire.


Au total : Un récit de fantasy riche et dense que je conseille pour ceux qui veulent découvrir l'auteur.

D'autres avis chez : Marie, Blacky, ...


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Lettre F : 591 pages


dimanche 23 avril 2017

"L'étrange bibliothèque" de Haruki Murakami


Murakami est connu pour ses récits plutôt orientés fantastiques avec des fanatiques et ceux qui n'accrochent pas (en tout cas, je le perçois comme tel). Il fait partie des auteurs qui me fascinent tout en ayant peur de faire partie de la seconde catégorie. J'ai déjà lu 'Underground' mais je ne pense pas qu'il représente vraiment les écrits oniriques de l'auteur, alors j'ai craqué pour ce petit livre illustré pour me mettre dans l'ambiance et sauter le cap de "Kafka sur le rivage".

Résumé

Couverture L'étrange bibliothèque 
Je m'assis sur le lit, m'enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j'étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !


 






Mon avis

Petit livre pouvant faire penser à un conte, il se lit vite tout en prenant le temps d'admirer les illustrations de ce livre avec plusieurs niveaux d'image.

J'ai aimé suivre le héros dans cette étrange bibliothèque et rencontrer avec lui la jeune fille et l'homme mouton.
Livre court mais finalement assez intense dans la situation improbable qu'il décrit.
Je suis tombée sous le charme de l'auteur et de son imagination, même si mes passages en bibliothèques risquent d'être un peu différent.
La question de la connaissance et de ses bénéfices est amenée de manière différente ainsi que son utilisation. L'importance des livres dans une société pour la transmission du savoir fait partie des messages que je retiendrais, dans une société où le numérique prend facilement la place.

Au total : Une découverte dans l'univers de Murakami, qui me convainc de tenter ma chance, un jour, avec Kafka sur le rivage.

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Lettre M : 73 pages

lundi 17 avril 2017

"Le château blanc" d'Orhan Pamuk

Lu dans le cadre du Book Club, qui avait pour thème de lire un livre de cet auteur, j'ai découvert lors de nos discussions l'histoire de cet auteur, prix nobel de littérature.

Résumé

Extrait du 4ème de courverture :
  Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques. Capturé par des marins turcs et jeté dans la prison d'Istanbul, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant. Le maître oriental et l'esclave occidental se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre.





Mon Avis

Surtout ne pas lire l'ensemble du  quatrième de couverture de mon édition qui est un fait un résumé complet du livre. La dernière phrase correspondant aux dernières pages. Soit, les autres lecteurs du club avaient deviné le dénouement, il n’empêche qu'on ne lit pas de la même manière un livre quand on attend le twist qui va lancer l'histoire, alors qu'il la conclut.

Je suis ressortie assez perplexe de ma lecture.
J'ai ressenti tour au long de la lecture une envie de poursuivre ce roman, malgré une ambiance parfois assez oppressante, voire malsaine associée à un manque d'action franc. 

L'écriture de l'auteur est très centrée sur la réflexion autour du soi, des différences culturelles et de son reflet.  La plongée dans le monde ottoman du XVIIème siecle est une histoire que je méconnais actuellement ou dans son histoire plus ancienne. L'actuelle Turquie est dirigée par des sultans/pachas et profondément islamique, et le récit nous plonge dans des intrigues de cour qui sont parfois déstabilisantes.

La relation entre le narrateur et le "Maître" met en évidence cette opposition occident/orient, notamment dans certains scènes en huis clos, thème qui a l'air souvent présent dans ses autres romans.

Le livre est relativement court et malgré certains passages un peu longuet, les pages tournent rapidement.

Au total : Une découverte de cet auteur, qui après discussion au book club, n'est pas forcement le meilleur pour débuter. Je garde en tête "Mon nom est rouge" et "Istanbul" pour poursuivre ma découverte.

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Lettre P : 257 pages

dimanche 16 avril 2017

"Le livre de Perle" de Timothée de Fombelle

J'ai découvert cet auteur par ma lecture de Tobie Lolness dont la blogosphère était extremement positive et j'avais beaucoup aimé cet univers onirique.

Résumé

Couverture Le livre de PerleTombé dans notre monde une nuit d’orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle et commence une vie d’exilé. Cette nouvelle vie fugitive, déchirée par un chagrin d’amour, est aussi une quête mystérieuse. Au fil du siècle, Perle rassemble un trésor pour défaire le sort qui l’a conduit loin de chez lui. Mais ceux qui l’ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu’il aime l’attend toujours là-bas?

Mon avis

Le livre de Perle est un conte de fée moderne en gardant certains codes.
Le livre est découpé en 3 parties, et une fois plongé dedans, il est difficile d'interrompre sa lecture.

J'ai aimé le personnage de Joshua Perle qui donne son nom au roman. Vendeur de Guimauve dans le Paris des années 30-40s, son personnage et son évolution sont vraiment le point fort du livre.
On voyage en France, mais aussi dans un monde imaginaire, où un prince tombe amoureux d'une fée avec des ennemis qui essaient de les séparer. La fée prend sa place progressivement dans le récit, pour devenir bien plus qu'une princesse de conte classique. Le lien entre les 2 mondes est ténu et la recherche d'objets confirmant l'existence du monde féérique nous replonge un peu dans l'enfance, et la pensée magique.

Comme lors de ma précédente lecture, j'ai été touchée par l'écriture si poétique de l'auteur, par la cohérence de son univers et les caractères si complexes de ses personnages.
J'apprécie les livres étiquetés jeunesse qui m'ouvrent l'esprit et apporte des pistes de réflexions sur différents thèmes, notamment la mémoire, la place des contes dans notre vie, les héros ordinaires du quotidien ...

Au total : Une nouvelle plongée dans l'univers si particulier de Timothée de Fombelle. Une lecture riche et intense.

jeudi 9 mars 2017

"Le soleil des Scorta" de Laurent Gaude

En pleine réflexion sur l'auteur à présenter à mon prochain book club et en préparation d'un week end à Milan, je suis tombé sur ce roman qui traine dans ma PAL depuis 2013 (et oui...) et je l'ai dévoré le temps de mon week end, plongée dans cette Italie du Sud

 Résumé

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobe. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

Mon avis

Il est certain livre dont on ne sait comment en parler, tellement il y a de choses à dire tout en voulant un peu les garder pour soi !

Je me suis complètement plongée en Italie du sud grâce à ce roman. Les descriptions nous amènent dans les Pouilles, dans ce pays chaud, plein de cailloux, d'oliviers et de pécheurs.

Il s'agit d'une chronique familiale mais aussi d'un village qui montre un certain mode de vie, où les trajets étaient longs (en âne notamment), les déplacements plus calculés et un isolement géographique qui s'estompe avec le temps. Sans être un huis clos, on ressent la vie de ce village et la pression de la vie en communauté qui s'exerce, à la fois alternant entre rivalité et entraide.

La famille Scorta est quant à elle touchante et parfois déstabilisante. Elle centre le récit et le point de vue tout en permettant du fait de ses différents membres de prendre du recul. Nous sommes plongés dans la vie du début du XXème siècle où la pauvreté était monnaie courante et nous voyons les évolutions de carrière, d'objectifs et surtout de caractère de chaque membre.

J'ai aussi beaucoup aimé la succession des prêtres qui reflète à la fois leur rôle repère ou délétère, selon leur interprétation de la religion et de ses préceptes et leur intégration dans un village qu'ils découvrent.

Contrebande, trafic humain, voyage en Amérique, guerre d'Espagne, tourisme de masse, tout un siècle en fil rouge à travers la vie d'une famille ! 

Au total : Un roman familial dans l'Italie du Sud qui retrace le XXème siècle. Un Goncourt franchement accessible !

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Lettre G 321 pages

dimanche 5 mars 2017

"L'effet Churten" d'Ursula Le Guin

Recueil de 3 nouvelles dans son univers SF (Voir Le monde de Rocannon, La main gauche de la nuit), ce livre est sorti en début d'année, et j'avais envie de me replonger doucement dans cet univers.

Résumé

Dans le vaste univers de l'Ekumen, tout voyage prend des années. Difficile de garder des relations avec sa famille et ses amis lorsque l'on doit passer d'une planète à l'autre. La galaxie est une mosaïque d'histoires humaines... Jusqu'au jour où on découvre par hasard l'effet Churten, une sorte de transport instantané, abolissant les distances comme jamais entre les mondes. Encore faut-il le maîtriser et l'utiliser à bon escient...






Mon avis

L'ensemble forme un tout assez cohérent avec 3 visions de l'effet Churten et de manière sous-jacente des réflexions sur l'homme et l'humanité. Je regrette cependant qu'elle soit inégale en ce qui concerne leur accessibilité, la première étant particulièrement dense en information.

"L'histoire des Shobies"
On est plongé assez vite dans le vif du sujet avec le premier équipage à tester l'effet Churten, effet permettant de voyager à une vitesse transluminale et donc de diminuer les temps de voyage.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire notamment du fait de la multitude de nouveaux personnages qui sont parfois difficile à identifier clairement. J'ai trouvé intéressant de mélanger des protagonistes des différents systèmes visités lors des précédents livres et à voir leur cohésion gagner.

"La danse de Ganam"
Texte plus classique avec l'arrivée sur une nouvelle planète et la confrontation entre ce que nous souhaitons y vivre et ce qui s'y passe vraiment, notamment la perception des autochtones. On y retrouve la notion d'émissaire et l'importance d'une période d'adaptation sans préjugés. La chute est bien trouvée et nous donne l'impression aussi d'avoir été touché par l'effet Churten.

"Le pécheur de la mer Intérieur"
On y retrouve aussi une découverte de planète, mais par l'intérieur et l'essai d'adaptation d'individu au monde nouveau qui s'ouvre. La recherche scientifique avance à grand pas dans cette nouvelle mais la conclusion s'avère profondément humaine et nous rappelle nos aspirations initiales et les différentes voies pour mener au bonheure. Une nouvelle touchante qui nous fait découvrir particulière la planète O et son mode de vie bien différent du notre.

Au total : Un recueil de nouvelle qui complète la série de l'Ekumen, et qui me rappelle que je me dois de la poursuivre.

D'autres avis chez : Xapur,

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Lettre L : 198 pages

mercredi 22 février 2017

"Mes vrais enfants" de Jo Walton

Je n'ai pas particulièrement accroché à Morwenna (mais débuté en anglais, alors je me promet régulièrement de lui laissé une nouvelle chance !), mais ce livre semblait faire l'unanimité dans ma blogosphère, alors je me suis laissée tentée.

Résumé

Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.


Mon avis

J'ai clairement adoré ce livre !
J'ai un peu ramé sur les premiers chapitres mais une fois la fourche enclenchée, j'ai adoré suivre Les deux trames permettant de se poser la question des conséquences de nos choix.

La vie initiale de Patricia est assez classique voir simple. J'ai apprécié suivre ces 2 vies parallèles, tout en respectant le personnage finalement fort de Patricia quelque soit son choix.

Après un passage à vide Trish remonte la pente, se fait entendre et avance au fur et à mesure. Pat démarre peut être plus simplement, mais elle nous montre sa capacité à surmonter les épreuves.
J'ai aimé le féminisme qui se dégage de ce livre, la critique sur la vie anglaise post seconde guerre mondiale et la place de la femme dans la société. Les combats de cette époque nous semblent lointains mais finalement assez fragiles.

J'ai aimé la vision de l'auteur sur le concept de famille, et d'amour filial quelle qu'en soit sa structure. Rien que sur ces deux thèmes, je trouve le livre très moderne et adapté à notre époque. 
Dans ses deux vies, l’héroïne a effectivement une relation privilégiée avec ses enfants, qu'elle construit progressivement. Sa bienveillance est un réconfort dans le monde actuel que je côtoie. La prise en charge de nos parents est aussi une thématique qui est abordée, entre sacrifice personnel et maison de retraite impersonnel, le choix reste inadapté quel qu’il soit. Son passage de fille à mère sur ce sujet est mis en miroir au fur et à mesure de son évolution de fille à mère puis grand mère. Sa relation avec son mari est aussi bien amenée, non édulcorée et loin des histoires d'amour traditionnelle. 

L'Italie est une destination qui  m'a toujours fait rêver, autant dire qu'un weekend à Florence me fait d'autant plus envie. L'ouverture sur le monde et la découverte culturelle a aussi une place majeure dans les 2 vies par la littérature ou l'art et l'architecture. Plein de moyens d'évasion, à notre hauteur finalement.

Le monde dans lequel elles évoluent n'est pas non plus un univers bisounours, notamment chez Pat, mais je retiens surtout un message de tolérance et d'espoir dans la vie de cette femme qu'elle soit réelle ou fantasmée.


Au total : Un coup de cœur pour ce livre très actuel au niveau des thèmes.

D'autres avis chez : Xapur, Nanet, Lune

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2/26 Lettre W : 352 pages

lundi 20 février 2017

"La horde du contrevent" d'Alain Damasio

Première lecture, ou plutôt relecture, de l'année pour moi dans le cadre de mon club lillois. J'avais découvert ce livre, 3 ans auparavant et il m'avait laissé un souvenir fort. Cette relecture a confirmé ces impressions !

Résumé


" Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu'un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s'y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d'eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu'en Extrême-Aval ait été formé un bloc d'élite d'une vingtaine d'enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueules, leur vie durant, le vent jusqu'à sa source, à ce jour jamais atteinte : l'Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m'appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l'éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l'azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l'ultime. "

Mon avis

J'ai savouré cette lecture tout du long. J'ai pu profiter de cette relecture, moins centrée sur le fil conducteur, pour mieux appréhender l'univers créé par Alain Damasio et notamment dans les "crones" et les "vifs" cherchant  et comprenant mieux les différents indices au fur et à mesure du récit.

La progression de la Horde, quête initiatique d'un groupe, m'a encore fasciné. Leur obstination, et leur cohésion tout au long de leur chemin malgré les obstacles pour cet objectif qui semble utopique fait la force de ce livre. On sent les fissures et l'esprit de solidarité qui passe au dessus pour faire face. Tous les métiers sont complémentaires et chaque membre apporte sa touche ce qui permet à la Horde d'être et de devenir celle qu'elle doit être.

Les caractères bien trempés de certains membres accompagnés de mode de narration "chorale" apporte une richesse dans le récit. On est charmé par Pietro, épaté par les connaissances d'Oroshi qui se révèle au fur et à mesure malgré un abord initial hautain, agressé par Golgoth chez qui la faille et l'humanité apparait au fur et à mesure.

On sent que l'auteur s'est amusé avec la langue française, que ce soit par le vocabulaire omniprésent autour du vent, et sa manière de le décrire en ponctuation ou par les joutes verbales de Caracole personnage à la fois fascinant et agaçant.
J'ai réfléchi à l’intérêt de l'écrit dans toute quête pour la transmission du savoir thème porté par Sov et à cette fin plus ouverte que ma première lecture ne m'avait donné l'impression.

Les discussion du club de lecture ont été de ce point enrichissante, notamment entre les fans (dont je faisais partie) et ceux qui n'avaient pas accroché au rythme, aux personnages ou à l'histoire en elle même, trouvant le l'univers ou les personnages assez froids et distants et sans empathie.

Au total : Une relecture qui m'a fait plaisir à la fois sur l'univers et sur les personnages riches et variés.
Un livre que je recommande pour une SF/Fantasy abordable !


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1/26 Lettre D 700 pages