lundi 25 mai 2015

"Mortimer" de Terry Pratchett

Je crois que je n'ai pas relu de Pratchett depuis l'ouverture de mon blog, alors qu'il s'agit d'un auteur qui me tient à cœur. Il est avec Robin Hobb celui qui m'a fait gouté et apprécié la fantasy.

Résumé

Couverture Les Annales du Disque-Monde, tome 04 : Mortimer
Mortimer court à travers champs, agitant les bras et criant comme une truie qu'on égorge. Et non. Même les oiseaux n'y croient pas. "Il a du coeur", fait le père adossé contre un muret. "Dame,c'est le reste qui lui manque", répond l'oncle Hamesh. Mais à la foire à l'embauche, la Mort le remarque et l'emporte sur son cheval Bigadin. Il faut la comprendre : elle a décidé de faire sa vie. Avec un bon commis, elle pourrait partager le travail quotidien, ce qui lui laisserait des loisirs. Un grand destin attend donc Mortimer. Mais... est-ce bien raisonnable ?



Mon avis

Mortimer est le 4ème tome des annales du Disque Monde. Cette série, longue, mais accessible car chaque tome sont globalement indépendant, et même si mes souvenirs des 3 premiers me semblent assez lointain, j'ai grandement apprécié ma lecture (et suis incapable de me souvenir si je l'avais déjà lu) !

L'humour est omniprésent, dès le départ, un peu moins par la suite, car l'action prend le pas. On pourrait quasi citer 3 phrases par pages de petite touche qui amènent le sourire. La Mort est un personnage que j'apprécie beaucoup par son rôle, son regard sur le Monde.
Dans ce tome, elle prend un apprenti, pas n'importe lequel, celui dont personne ne veut, le rejeté de la foire aux apprentis. La scène en elle meme vaut la peine.. La mort est visible par ceux qui le veulent.

Mortimer, dit Morty est un personnage qui s'affirme au fur et à mesure de l'histoire, et par sa naïveté, déclenche des évènements qui pourraient métamorphoser le monde.

On est embarqué dans la vision de la vie "normale" et des plaisirs humains par la Mort qui se questionne. On découvre Ysabell, sa fille de 16 ans, depuis longtemps, Albert son serviteur, et Bigadin le cheval.
Le mélange de ces personnages amène un certain nombre de situations cocasses et plein de réflexion sur le fonctionnement du Disque Monde, et sur notre réalité. 
Pratchett fait partie des grands auteurs pour moi car son univers est complet. Ses livres font le plus souvent échos aux autres pour rappeler cette unité.

Enfin, la traduction est riche de jeux de mots, et permet une lecture facile, agréable qui nous donne l'impression de profiter au maximum du génie de Mr Pratchett !  La Mort parle en majuscule et apporte ce petit plus qui la différencie des personnages traditionnels.

Au total : Une plongée dans le Disque monde qui m'a donné envie de recommencer. Le porcher risque d'être dans mes prochaines lectues, ou peut être "Au guet"

http://2.bp.blogspot.com/-zibbXVsb8Pc/VDkaT_y_8kI/AAAAAAAAD_A/yglsy8VtZ5I/s1600/ABC2015.png
Lettre P : 250 pages

dimanche 24 mai 2015

Kinderzimmer de Valentine Goby

Depuis quelques mois, je le mets dans mes priorités et repousse ma lecture, car le sujet est dur et demande une certaine disponibilité d'affect. Entamé il y a 2 mois, je l'ai posé, pas dans l'esprit et repris pour pouvoir participer au Book Club de Livraddict.

Résumé

Couverture KinderzimmerJe vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.



Mon avis

Je me suis dit après ma lecture qu'il allait falloir que je recense mes articles portant sur la seconde guerre mondiale, sujet assez porteur en littérature et que j'apprécie de découvrir.

Kinderzimmer apporte une angle différent, à la fois car nous voyons souvent le camp de concentration plutôt de l’œil masculin (Si j'étais un homme de Primo Levi, Maus d'Art Spiegelman) et le thème de la grossesse était plutôt tabou, comme le montre le début du livre, et le fait de la cacher aux autres prisonnières et aux gardiennes. Ce livre met en évidence le pourquoi, être une femme était risquée, une femme enceinte encore plus et réussir à survivre dans ce contexte tient du miracle.

Mon principal bémol dans cette lecture, probablement le même que "Si j'étais un homme", porte sur le fait que le contenu de ce livre est tellement difficile que je suis restée assez froide, comme une protection. J'ai, de ce fait, lu de manière assez détachée la vie de Mila/Suzanne, d'autant plus que je n'ai pas accroché au style initial assez noyé, de la narratrice principale. Il existe des ellipses, des sauts dans les noms, dans la temporalité, comme témoin du fouillis que devient l'esprit de Mila, mais qui m'a perdu sur le début.

Le récit prend ensuite un caractère plus chronologique, et on découvre l'autre face de Ravensbruck, le pillage des affaires extorquées aux prisonniers, la Kinderzimmer. Les conditions de vie sont omniprésentes, l'auteur essaie à force de répétition de nous immerger dans le dortoir, proche des toilettes, dans la crasse, la quasi absence de nourriture, d'humanité, voire de sommeil.

Il y a un déclic dans l'histoire de Mila, qui remet l'écriture dans le bon sens, avec quelque chose de moins fouillis, de plus accessible. Je n'ai pas aimé cet effet de style car il m'a perdu sur le début, mais l'apprécierais probablement plus dans une relecture, une fois la destination plus claire.

Les personnages sont intrigants, mais leur passé se perd dans la torture, leur caractère, leur différence s'atténue dans la lutte pour la survie. Dans cet enfer, il existe quelques rayons d'humanité, de soutien et de compassion qui malheureusement étaient trop rares.

Quant au dénouement avant final, il m'a dérouté, et je n'en ai pas vraiment compris l'utilité. La quête du retour à domicile est par contre bien amené. La libération oui, mais par qui et surtout comment transporter tous les déportés. Quelle prise en charge pour ces gens qui n'aspirent qu'à retrouver leur vie passée, dans quelles conditions ?
Et surtout l'épilogue nous montre bien à quel point le retour était difficile, comme une blessure ouverte à jamais et tous les livres sur le sujet sont unanimes.

Au total : Un livre dur sur le fond et étrange sur la forme qui m'a laissé de coté.

http://2.bp.blogspot.com/-zibbXVsb8Pc/VDkaT_y_8kI/AAAAAAAAD_A/yglsy8VtZ5I/s1600/ABC2015.png
Lettre G 250 pages

dimanche 3 mai 2015

"Lignes de vie" de Graham Joyce




Lu dans le cadre de la lecture commune du cercle d'Atuan, un auteur dont je n'avais jamais entendu parler, et une très belle rencontre en ce qui me concerne

Résumé

Couverture Lignes de VieCoventry, durant la Seconde Guerre mondiale.
Une famille de sept sœurs aux vies fondées sur l'amour, la tradition, l'angoisse et l'espoir, dominées par la sagesse et l'autorité d'une matriarche aussi indomptable que truculente. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l'étrange et le merveilleux, l'ordinaire et l'extraordinaire.
Cassie, la plus jeune des sœurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n'a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. C'est une fille fantasque et imprévisible, « la dernière fille au monde à qui laisser la garde d'un enfant » selon sa propre mère. Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des sœurs, à tour de rôle. Ainsi l'enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l'après-guerre.
Mais Frank est un enfant particulier, doué d'intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l'avenir...



Mon avis

Il ne faut pas trop se laisser embarquer par le résumé, car finalement, sous l'intrigue des" dons"  de Franck, il existe surtout une chronique de vie d'une famille anglaise, après la seconde guerre mondiale.

J'ai beaucoup aimé ces destins croisés, tous sous la coupe d'une matriarche comme il en existait dans l'ancien temps. Huit femmes de caractères, dont Martha, la mère et ses 7 filles, dénommées par ordre des voyelles, puis de l'alphabet les voyelles ne suffisant pas.

On retrouve dans ce livre de l'humour, de la bonhommie familiale, avec les tensions entre chaque, les jalousies internes mais le lien puissant qu'il existe envers et contre tout dans la fratrie. Il ne s'agit pas d'une famille idéale, ce qui nous permet de les imaginer dans un voisinage proche.

Franck fait le trait d'union entre toutes ces sœurs, devant loger parfois avec sa mère chez l'une ou l'autre au grè des décisions familiales. Par ce biais, on y découvre la vie de familles anglaises traditionnelles, que ce soit à la ferme avec Una et Tom, ou chez les jumelles bigotes, ou chez Aida et Gordon dont le métier et leur manière de l'exécuter peut dérouter. On suit aussi l'éducation de Franck, selon les différentes écoles de la vie.

Le fantastique est bien présent, mais par touche, avec parfois des explications simples, comme la réapparition de Godiva, ou le bonhomme sous le pont.
Ce qui marque dans ce livre, c'est l'ambiance entre rêve et réalité par les différentes visions de l'axe grand mère, mère, fils. La différente expression d'une même capacité, beaucoup de douceur, de tolérance des différentes opinions, modes de vie. Tous s’accommodent et se complètent.

Au total : Un livre avec peu d'action, relevé par une ambiance et des personnages charismatiques.

D'autres avis chez les Atuaniens : Nathalie, Vert, Lelf

http://s14.postimg.org/y9ox4he41/Un_genre_par_mois_avril.jpg

http://2.bp.blogspot.com/-zibbXVsb8Pc/VDkaT_y_8kI/AAAAAAAAD_A/yglsy8VtZ5I/s1600/ABC2015.png
Lettre J 480 pages